L’autopalpation testiculaire en 4 étapes illustrées

Le cancer du testicule est le premier cancer de l’homme jeune. Grâce aux progrès des traitements, il guérit aujourd’hui dans plus de 95 % des cas, tous stades confondus.

Sommaire — accédez directement à la partie qui vous intéresse :

Épidémiologie

  • Bien qu’il ne s’agisse pas du plus fréquent des cancers urologiques (environ 2 800 nouveaux cas par an en France), le cancer du testicule est le premier cancer de l’adulte jeune, entre 20 et 35 ans. Son incidence augmente régulièrement depuis plusieurs décennies.
  • Certains facteurs favorisants sont bien connus, comme la cryptorchidie (anomalie de position du testicule dans l’enfance), l’atrophie testiculaire et les troubles de la fertilité. Des facteurs environnementaux, notamment hormonaux, agissant au cours du développement du fœtus, pourraient également jouer un rôle.

L’autopalpation : un geste simple qui peut tout changer

Le cancer du testicule est le plus souvent découvert par le patient lui-même : une augmentation de volume, une induration (zone dure) ou une anomalie de consistance de la glande, généralement sans douleur. L’autopalpation régulière — une fois par mois, idéalement sous la douche — est le meilleur moyen de détecter tôt une anomalie. Toute anomalie persistante doit conduire à consulter rapidement : détecté tôt, ce cancer guérit dans la quasi-totalité des cas.

L’autopalpation testiculaire en 4 étapes : examiner un testicule à la fois avec les deux mains sous la douche, le faire rouler entre le pouce et l’index, reconnaître le cordon spermatique et l’épididyme, rechercher une grosseur ou une irrégularité
L’autopalpation testiculaire en 4 étapes, une fois par mois (illustrations : Testicular Cancer Awareness Foundation).

Diagnostic

  • L’échographie des testicules est l’examen de référence pour confirmer les données de l’examen clinique.
  • Des marqueurs sanguins spécifiques de ces tumeurs (alpha-fœtoprotéine, hormone chorionique gonadotrope — hCG, LDH) sont dosés : ils participent au diagnostic, au pronostic et au suivi de l’efficacité du traitement.
  • Un scanner thoraco-abdomino-pelvien complète le bilan pour vérifier l’absence d’extension aux ganglions ou à d’autres organes.

Préserver la fertilité

Avant tout traitement, une conservation de sperme est systématiquement proposée dans une banque du sperme (CECOS), car certains traitements peuvent retentir sur la production de spermatozoïdes [6]. Cette démarche, simple et rapide, est organisée par le service en lien avec le CECOS de Bordeaux.

Prise en charge

La chirurgie

L’ablation du testicule par voie inguinale (orchidectomie) constitue la première étape, à la fois diagnostique et thérapeutique. Une prothèse testiculaire peut être mise en place au cours de la même intervention, à la demande du patient. Cette intervention ne retentit ni sur la sexualité ni sur la fertilité du testicule restant. Dans certains cas très sélectionnés (tumeurs de petite taille, testicule unique, tumeurs des deux testicules), une chirurgie partielle conservant le testicule peut être discutée.

Les traitements complémentaires

L’analyse au microscope de la tumeur et le bilan d’extension orientent la suite : pour les tumeurs localisées, une simple surveillance active est aujourd’hui privilégiée chaque fois que possible, évitant tout traitement complémentaire ; dans certains cas, une chimiothérapie courte ou une radiothérapie est proposée. Les formes avancées justifient des cycles de chimiothérapie, dont l’efficacité a transformé le pronostic de ce cancer.

La chirurgie des masses résiduelles : une expertise du service

À l’issue de la chimiothérapie, il persiste parfois des masses ganglionnaires résiduelles dans l’abdomen, qu’il faut retirer chirurgicalement (curage rétropéritonéal). C’est une chirurgie hautement spécialisée, dont l’équipe possède une importante expertise : elle est réalisée le plus souvent par chirurgie robot-assistée [2], la voie ouverte (laparotomie) restant réservée aux cas les plus difficiles. Le service a mené des travaux sur l’apport de la modélisation 3D pour planifier ces interventions complexes, dans le prolongement de son expertise de la chirurgie du rein assistée par reconstruction 3D. L’équipe a également participé aux travaux nationaux sur la chirurgie des rechutes de séminomes métastatiques [3] et sur les formes rares avec extension veineuse [4].

Surveillance

  • La grande majorité des patients guérit à l’issue de ces traitements. Une surveillance régulière (marqueurs sanguins, scanners) reste nécessaire pendant plusieurs années, à un rythme défini par les recommandations françaises [1].
  • L’autopalpation du testicule restant est conseillée après traitement.

Une prise en charge multidisciplinaire

Chaque dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) réunissant urologues, oncologues, radiothérapeutes, radiologues et anatomopathologistes, afin de proposer le traitement le plus efficace tout en limitant les effets à long terme chez ces patients jeunes. La préservation de la fertilité et l’accompagnement psychologique font partie intégrante de la prise en charge.

Une équipe qui fait progresser les connaissances

Le service prend en charge l’ensemble des tumeurs du testicule, du diagnostic à la chirurgie des formes complexes, en lien avec les oncologues du CHU et de la région. Centre de recours régional pour la chirurgie robot-assistée des masses résiduelles [2] — dont la planification par modélisation 3D a fait l’objet de travaux du service —, l’équipe s’appuie sur les recommandations du comité de cancérologie de l’AFU [1] et contribue à la recherche clinique en uro-oncologie — retrouvez nos travaux sur la page Les publications de l’équipe, et n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour toute anomalie détectée à l’autopalpation.

Références

  1. French AFU Cancer Committee Guidelines: testicular germ cell cancer (recommandations françaises sur les tumeurs germinales du testicule) — Progrès en Urologie.
  2. Post-chemotherapy robot-assisted retroperitoneal lymph node dissection for metastatic germ cell tumors: safety and perioperative outcomes — World Journal of Urology, 2023.
  3. Metastatic pure seminomas with early relapse: prognostic roles of high-dose chemotherapy and surgery of residual disease — Clinical Genitourinary Cancer, 2025.
  4. Testicular germ cell tumors with venous tumor thrombus: prevalence, presentation, and management — European Urology Focus, 2025.
  5. Radiation therapy for stage IIA/IIB seminomas: back to the future? — Radiotherapy and Oncology, 2025.
  6. What should be done in terms of fertility preservation for patients with cancer? The French guidelines — European Journal of Cancer, 2022.

Cet article est inspiré des fiches d’information de l’Association Française d’Urologie : consultez la fiche patient sur le cancer du testicule sur Urofrance.org.